L’écosystème de la transparence IA se structure aujourd’hui autour de plusieurs besoins distincts, prouver l’origine d’un contenu, déclarer son niveau d’assistance, certifier une identité, documenter une gouvernance, ou répondre à une obligation réglementaire précise. Les projets que l’on voit émerger ne poursuivent donc pas tous le même objectif, même s’ils emploient parfois les mêmes mots-clés comme « transparence », « authenticité » ou « trust ».

C’est précisément ce qui rend la comparaison utile, TCP/UP n’essaie pas de faire tout cela à la fois. Il se positionne comme un protocole déclaratif de lisibilité éditoriale, centré sur la part humaine dans la conception d’un contenu, là où d’autres projets se concentrent surtout sur la conformité, la preuve technique ou la certification d’identité.

Tableau comparatif

Projet Objectif principal Approche Point fort Limite face à TCP/UP
Trust Identity Protocol (TIP) Vérifier l’identité humaine et l’origine déclarée du contenu Identité / confiance Très fort contre l’usurpation et les faux humains Dit peu de chose sur la distinction fond/forme dans un contenu
AI Transparency Protocol Conformité à l’Article 50 de l’AI Act via un manifeste JSON Conformité / web ops Très opérationnel pour le web et l’automatisation Pense en « compliance », moins en processus créatif
OETP (Open Ethics) Divulgation éthique structurée de systèmes ou produits IA Gouvernance / disclosure Cadre complet pour organisations et produits Plus adapté à la gouvernance qu’à la lecture éditoriale
TRP (Trustable Reporting Protocol) Traçabilité et reporting technique entre machines Infrastructure / audit Robuste pour l’enforcement et les échanges techniques Trop lourd pour un usage éditorial quotidien
Declare AI Déclaration sociale et simple de l’usage de l’IA Signalement / tags Léger, citoyen, facile à comprendre Peu granulaire sur fond vs forme
TCP/UP/ Qualifier la relation humaine avec l’IA dans un contenu Transparence éditoriale Très lisible, centré créateur/lecteur Repose sur la bonne foi plutôt que sur une preuve technique

Ce que fait chaque projet

TIP cherche à répondre à une question de confiance, qui parle vraiment ? Il s’agit d’un protocole orienté identité, utile pour distinguer un humain authentifié d’un bot ou d’un faux profil. C’est précieux dans les environnements où l’usurpation est le problème central, mais cela ne dit pas encore comment le contenu a été produit.

L’AI Transparency Protocol, lui, prend le sujet par l’angle réglementaire. Il propose un fichier JSON unique, lisible par machine, pour répondre aux obligations de transparence de l’AI Act et de son Article 50. C’est un très bon outil de conformité, mais il reste pensé comme une couche d’infrastructure, pas comme un langage éditorial.

OETP est plus large et plus ambitieux. Il documente la transparence d’un système d’IA dans une logique de gouvernance et de disclosure. C’est une bonne base pour les organisations, mais son vocabulaire reste plus proche de l’entreprise et de l’audit que de la pratique quotidienne d’un auteur.

TRP pousse encore plus loin la logique d’infrastructure. On y retrouve la traçabilité, l’authentification technique et le reporting machine-to-machine. C’est solide, mais cela suppose des environnements techniques et des ambitions d’intégration qui dépassent largement le besoin d’un créateur de contenu.

Declare AI est sans doute l’initiative la plus proche de l’intuition citoyenne de TCP/UP. Le projet vise à rendre le signalement plus simple et plus social, via des tags et des déclarations compréhensibles. Sa simplicité est une force, mais elle laisse ouverte une question décisive, comment distinguer ce qui relève du fond, de la forme, de la correction, de la reformulation ou de la co-construction ?

Positionnement de TCP/UP

TCP/UP se place dans un espace différent. Il ne cherche pas d’abord à prouver, certifier ou auditer, il cherche à rendre lisible le degré d’implication humaine dans un contenu. C’est un protocole de lecture avant d’être un protocole de contrôle.

Son apport principal est la distinction entre fond et forme. Cette distinction permet de dire, de manière plus fine qu’un simple « IA ou pas IA », si l’humain a porté l’intention, structuré les idées, choisi l’angle, puis éventuellement laissé l’IA corriger, polir ou co-rédiger. Pour le texte, c’est particulièrement important, parce que la transparence utile n’est pas seulement de savoir qu’il y a eu de l’IA, mais de savoir à quel endroit elle est intervenue.

TCP/UP s’adresse donc très naturellement aux créateurs de contenu, aux journalistes, aux blogueurs, aux enseignants, aux consultants et à tous ceux qui ont besoin d’une transparence simple à expliquer à leur audience. Il est plus léger qu’un protocole de conformité, moins dépendant qu’un système de preuve, et plus nuancé qu’un simple tag de divulgation.

Ce que TCP/UP apporte de plus

Ce qui distingue TCP/UP dans cet écosystème, c’est sa focalisation sur la part de l’utilisateur. Là où TIP documente l’identité, où AI Transparency Protocol documente la conformité, où OETP documente la gouvernance et où TRP documente la traçabilité, TCP/UP documente la participation humaine à la fabrication du sens.

En pratique, cela change beaucoup de choses :

  • TCP/UP parle au lecteur humain avant de parler au moteur de conformité.
  • TCP/UP accepte la nuance entre écriture, correction, reformulation et co-création.
  • TCP/UP assume que la transparence éditoriale peut reposer sur une déclaration sincère, sans prétendre à une certification technique.
  • TCP/UP valorise le travail intellectuel humain au lieu de le noyer dans une opposition trop binaire.

C’est pour cela que le protocole se situe moins comme un concurrent que comme une couche complémentaire. Il ne remplace ni les standards de preuve, ni les cadres d’audit, ni les obligations juridiques, il remplit le trou qui reste quand on veut simplement répondre à une question lisible par tous, quelle part du contenu est réellement humaine ?

Un rôle complémentaire

Le meilleur résumé du positionnement de TCP/UP est sans doute celui-ci, les autres projets rendent la transparence vérifiable, auditable ou conforme, TCP/UP la rend compréhensible.

C’est ce basculement qui l’inscrit à part dans l’écosystème. TCP/UP ne cherche pas à imposer une solution lourde ou universelle, il propose un langage commun, simple et déclaratif, pour que l’implication humaine dans un contenu ne disparaisse pas derrière l’automatisation.